Écotourisme au Gabon : ambitions et défis de la stratégie nationale

Le 29 juin 2026, à Libreville, le gouvernement gabonais a dévoilé sa Stratégie nationale de valorisation du tourisme durable et de l’artisanat. L’objectif affiché : diversifier l’économie nationale pour préparer l’après-pétrole et positionner le Gabon comme une destination écotouristique de premier plan.
Sur le papier, le pays possède des atouts indéniables. Avec 88 % de son territoire recouvert par la forêt équatoriale, 800 kilomètres de littoral préservé et treize parcs nationaux, les ressources naturelles sont exceptionnelles. Les réserves de faune de Loango et les paysages de l’Ivindo attirent déjà les amateurs de nature sauvage. Mais au-delà du potentiel, le Gabon mise aussi sur son profil de pionnier environnemental, grâce à ses obligations bleues et vertes, pour séduire des investisseurs internationaux.
Les obstacles à surmonter
Transformer ces richesses en filière économique viable nécessite de résoudre plusieurs problèmes structurels. Le premier concerne les infrastructures : l’accès aux sites majeurs comme Lambaréné, Mayumba ou la Lopé reste difficile, souvent à cause de l’état des routes.
Le deuxième frein est le coût. Entre les tarifs aériens élevés et l’absence de liaisons domestiques abordables, le Gabon demeure une destination chère, réservée à un tourisme de niche.
Enfin, le volet humain est crucial. Un tourisme haut de gamme exige des standards d’accueil et d’hôtellerie irréprochables, ainsi qu’une valorisation de l’artisanat local. Cela passe par une formation professionnelle continue et ambitieuse.
De la vision à la réalisation
Le Gabon possède les atouts naturels de ses ambitions. Il lui faut désormais bâtir les fondations logistiques et humaines pour les exploiter. Pour que cette stratégie ne reste pas lettre morte, l’État doit privilégier l’exécution concrète plutôt que la communication. Des partenariats public-privé attractifs sont indispensables pour financer routes, hébergements et structuration des compétences locales. Si l’action suit la vision, l’écotourisme pourrait devenir le moteur de l’économie post-pétrolière.