Engagement politique des chrétiens au Sénégal : un appel à plus de leadership

Engagement politique des chrétiens au Sénégal : un appel à plus de leadership

Les chrétiens du Sénégal invités à renforcer leur présence politique

L’engagement politique des fidèles chrétiens au Sénégal reste insuffisant, selon le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20). Cette organisation de la société civile, créée en février 2017, a récemment tiré la sonnette d’alarme lors d’un forum dédié à la question, organisé à Mbour, au sud de Dakar. L’événement, placé sous le haut patronage du ministre des Forces armées, Augustin Tine, s’inscrivait dans la perspective des élections législatives anticipées de juillet 2017.

Un leadership chrétien quasi inexistant

Émile Daly Diouf, président du MAC 20, a vivement encouragé les catholiques à s’investir davantage en politique. « Malgré notre statut de minorité, nous devons amplifier notre engagement pour occuper des postes décisionnels », a-t-il déclaré. Il a souligné que si des chrétiens siègent dans des partis, aucun ne détient actuellement un rôle de leader influent. « Ils doivent se battre pour accéder aux instances où se prennent les décisions stratégiques », a-t-il insisté. Le mouvement ne cache pas son ambition d’accompagner les autorités religieuses dans cette démarche, tout en laissant ouverte la possibilité d’appuyer un candidat lors de la présidentielle de 2019. « Nous ne proposons pas de candidats, mais nous soutenons ceux qui se battent pour promouvoir nos valeurs », a-t-il précisé.

Une représentation parlementaire très limitée

Hélène Tine, députée et figure chrétienne, a confirmé cette réalité lors de ses interventions. « Nous sommes des citoyens à part entière et l’Église nous encourage à participer activement à la gestion des affaires publiques », a-t-elle rappelé. Actuellement, sur les 150 sièges de l’Assemblée nationale, seulement trois sont occupés par des députés chrétiens, dont elle-même, qui est également la seule femme dans ce groupe restreint. « Les chrétiens sont souvent relégués à des positions symboliques sur les listes électorales, ce qui limite leurs chances d’être élus », a-t-elle analysé. Elle a plaidé pour une meilleure collaboration entre les communautés chrétiennes et les partis politiques afin de valoriser la diversité, pilier historique de la cohésion sociale au Sénégal.

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