Frappes meurtrières au lac Tchad : le Tchad dément les accusations onusiennes

Frappes meurtrières au lac Tchad : le Tchad dément les accusations onusiennes
Des militaires tchadiens en patrouille sur le lac Tchad près d’une base stratégique dans la région du Lac

Les autorités tchadiennes ont vivement réagi aux accusations portées par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU concernant des frappes aériennes ayant causé la mort de nombreux civils dans le nord-est du Nigeria. Ces bombardements, attribués aux armées tchadienne et nigériane, auraient ciblé des zones où opèrent des groupes terroristes comme Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).

Des accusations jugées infondées par N’Djamena

Le ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, a dénoncé des allégations visant à discréditer les forces armées locales. Dans un point presse, il a réaffirmé leur professionnalisme et leur engagement sans faille dans la lutte antiterroriste au Sahel et autour du lac Tchad :

« Ces accusations sont infondées et risquent d’entacher la réputation de notre armée. Les Forces armées tchadiennes restent des acteurs clés dans la stabilisation de la région, malgré les défis persistants. »

Le porte-parole a également souligné la détermination de l’État à maintenir une transparence totale dans la gestion de ces incidents, rappelant l’existence d’une justice indépendante et d’institutions capables de mener des enquêtes impartiales.

L’ONU exige des investigations immédiates

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a appelé les autorités nigérianes et tchadiennes à diligenter des enquêtes rapides et indépendantes sur ces frappes meurtrières. Dans un communiqué, il a insisté sur l’importance de respecter le droit international humanitaire :

« Les civils et leurs biens ne doivent jamais être pris pour cible. Les États ont l’obligation de protéger les populations et de garantir que les opérations militaires respectent les normes les plus strictes. »

Volker Türk a par ailleurs exhorté les forces armées des deux pays à prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter des pertes civiles collatérales, tout en reconnaissant la menace terroriste que représentent Boko Haram et l’ISWAP dans la région.

Les armées nigériane et tchadienne sous le feu des critiques

L’armée nigériane, de son côté, a justifié ses frappes en déclarant avoir visé une « structure terroriste confirmée », occupée exclusivement par des groupes armés non étatiques considérés comme une menace directe pour les populations locales. Une version contestée par les ONG et les autorités locales, qui évoquent des erreurs de ciblage ayant coûté la vie à des innocents.

Les tensions autour de ces incidents rappellent la complexité des opérations militaires dans une zone où les groupes jihadistes exploitent les frontières poreuses entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Depuis 2009, le lac Tchad est devenu un foyer d’instabilité, abritant des milliers de combattants et servant de base arrière à des attaques transfrontalières.

Face à ces accusations, N’Djamena a réitéré sa volonté de coopérer avec les instances internationales, tout en réaffirmant sa souveraineté dans la conduite des enquêtes. Une position qui pourrait être mise à l’épreuve dans les prochains jours, alors que les familles des victimes réclament justice et réparations.

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