L’alliance des États du Sahel réagit fermement aux déclarations du Président du Nigeria

L’alliance des États du Sahel réagit fermement aux déclarations du Président du Nigeria
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L’AES dénonce des propos jugés infondés sur la crise sécuritaire régionale

Les trois nations membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — ont exprimé leur vive indignation face aux déclarations du Président nigérian, Bola Tinubu, tenues fin juillet. Ces propos, selon lesquels la détérioration de la sécurité au Nigeria serait imputable à la recrudescence des violences dans les pays de l’AES, ont suscité une réaction unifiée et ferme des autorités régionales.

Le Chef de la diplomatie burkinabè, Jean Marie Traoré, a réuni le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Nigeria à Ouagadougou, en compagnie des représentants du Mali et du Niger. L’objectif ? Afficher une position commune et solidaire des trois États, tout en corrigeant une analyse jugée hâtive et erronée sur les causes profondes de l’insécurité dans la sous-région.

Une réponse diplomatique pour clarifier les responsabilités régionales

Lors de cette entrevue, le ministre Traoré a rappelé, au nom des trois pays de l’AES, que les défis sécuritaires actuels ne sauraient être attribués à une responsabilité unilatérale. Il a souligné que les attaques terroristes et les enlèvements observés au Nigeria ont des racines complexes, liées à des dynamiques internes et transfrontalières bien plus vastes.

« Les propos du Président Tinubu relèvent d’une analyse superficielle, qui occulte les véritables enjeux de cette crise régionale », a-t-il déclaré. « Nous partageons une histoire commune, une géographie indissociable et une fraternité ancrée dans le temps. Accuser nos pays de fragiliser le Nigeria revient à ignorer les sacrifices consentis chaque jour par nos populations et nos forces de défense. »

Le diplomate burkinabè a également pointé du doigt l’urgence d’une coopération sincère et renforcée entre tous les États sahéliens. « Seul un dialogue franc et une action coordonnée permettront de venir à bout des menaces terroristes qui pèsent sur l’ensemble de la sous-région », a-t-il martelé.

L’AES défend une approche unie face à la menace terroriste

Malgré la fermeté de leur réponse, les autorités de l’AES ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une diplomatie constructive. Le ministre Traoré a précisé que cette démarche ne visait pas à alimenter une polémique, mais à défendre une vérité partagée et à promouvoir une solidarité active contre le terrorisme.

De son côté, le Chargé d’Affaires nigérian a pris acte du message transmis par les trois pays. Bien que reconnaissant les efforts de l’AES dans la lutte antiterroriste, il a salué la volonté affichée de privilégier le dialogue et la coopération. Une reconnaissance qui, selon les observateurs, pourrait ouvrir la voie à une reprise des échanges constructifs entre Abuja et les capitales de l’Alliance.

Fanta Ouattara

Éditorialiste