Une plainte contre les sanctions américaines
Joseph Kabila a déposé une requête judiciaire début août aux États-Unis, visant à faire annuler son placement sur la liste des entités sanctionnées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC). Cet organisme, rattaché au département du Trésor américain, est notamment chargé de l’application des sanctions économiques. Dans un document de seize pages, ses avocats remettent en question la décision de Washington, dénonçant des allégations qu’ils jugent sans fondement suffisant.
Des accusations que Kabila rejette
Les autorités américaines accusent l’ancien président d’avoir fourni un appui financier et logistique à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), une coalition politico-militaire dont le M23 est la composante principale. Washington lui reproche également d’avoir incité des membres des forces armées congolaises à la désertion et d’avoir résidé à Goma, dans la partie orientale de la RDC, sous la protection du M23. Joseph Kabila nie ces accusations. Ses avocats avancent que les preuves présentées par les autorités américaines sont « imprécises » et « arbitraires », ne permettant pas d’établir concrètement les faits qui lui sont reprochés.
La défense réclame des preuves
Les représentants légaux de l’ancien président soulignent qu’aucune transaction financière spécifique au profit de l’AFC n’est clairement établie dans le dossier américain. Ils affirment également qu’aucun soldat congolais n’est formellement identifié comme ayant été poussé à déserter par Joseph Kabila. Sa défense rappelle par ailleurs qu’en 2013, en tant que président, l’armée congolaise, sous son commandement, avait joué un rôle déterminant dans la défaite du M23.
Une bataille judiciaire sur fond de crise dans l’Est
Ayant dirigé la RDC de 2001 à 2019, Joseph Kabila sollicite aujourd’hui de la cour fédérale de Washington qu’elle annule ces sanctions et retire son nom de la liste de l’OFAC. Cette procédure intervient alors que le M23 et l’Alliance Fleuve Congo demeurent au cœur de la crise persistante dans l’est de la RDC, où les démarches diplomatiques s’intensifient en vue d’une résolution politique et sécuritaire durable.