Le jeu trouble de Faure Gnassingbé : déstabilisation du Mali et rupture de l’AES

Le jeu trouble de Faure Gnassingbé : déstabilisation du Mali et rupture de l’AES

Alors que la capitale togolaise, Lomé, cherche à se positionner comme un acteur clé de la médiation régionale, des informations alarmantes émanant de cercles diplomatiques occidentaux et de rapports de renseignement américains révèlent une facette bien plus sombre. Selon ces sources, le régime de Faure Gnassingbé aurait activement mené des pourparlers confidentiels entre le capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant du Burkina Faso, et les groupes djihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). L’objectif présumé de cette manœuvre serait d’assurer une période d’accalmie précaire au Burkina Faso, mais au prix d’une trahison significative envers le Mali et son leader, Assimi Goïta. En facilitant une convergence d’intérêts entre ces entités terroristes et les rebelles du FLA (Front de Libération de l’Azawad) pour fragiliser Bamako, le chef d’État togolais est accusé de compromettre gravement la sécurité sahélienne et de fissurer l’unité de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour préserver ses propres intérêts diplomatiques et sa survie politique.

Depuis plusieurs décennies, le pouvoir des Gnassingbé au Togo a perduré en se rendant indispensable sur la scène internationale. Faure Gnassingbé, successeur d’un système autocratique établi depuis un demi-siècle, aurait compris que pour détourner l’attention de ses défis internes, il devait incarner le « facilitateur » incontournable du Sahel. Cependant, derrière les apparences de conciliation affichées lors des sommets à Lomé, les services de renseignement, notamment la CIA et les renseignements militaires français, documentent depuis des mois une diplomatie parallèle beaucoup plus pernicieuse.

Le constat des agences de renseignement est formel : le Togo ne se limite plus à dialoguer avec les régimes issus de coups d’État ; il agirait comme un intermédiaire entre des nations souveraines et des organisations terroristes figurant sur les listes noires internationales.

Un pacte cynique : le JNIM se détourne de Ouagadougou pour viser Bamako

L’enquête approfondie dévoile que, sous l’égide de Faure Gnassingbé, des émissaires du Burkina Faso et des responsables du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) se sont rencontrés à de multiples reprises. L’accord négocié serait d’une simplicité déconcertante et cynique : le JNIM allège sa pression militaire sur le territoire burkinabè, permettant ainsi au capitaine Ibrahim Traoré de consolider son autorité. En contrepartie, le JNIM bénéficierait d’une latitude d’action accrue, orientant ses opérations vers une cible prioritaire : le Mali. Ce protocole irait au-delà d’un simple cessez-le-feu. Les renseignements américains mettent en lumière une stratégie encore plus complexe. Lomé aurait encouragé, ou du moins facilité, une alliance opportuniste entre le JNIM et les insurgés du Front de Libération de l’Azawad (FLA). L’objectif de cette coalition jugée contre-nature ? Provoquer la chute du colonel Assimi Goïta à Bamako, perçu comme trop inflexible ou trop aligné sur des influences qui contrarient les calculs géopolitiques de Lomé.

La rupture de l’AES : l’épisode révélateur du 25 avril

Le véritable visage de cette stratégie se serait manifesté sans équivoque lors des attaques massives du 25 avril dernier. Tandis que les forces maliennes étaient confrontées à une offensive violente menée par une alliance hybride du JNIM et du FLA, un événement sans précédent aurait confirmé l’existence de ces ententes secrètes. Dans un communiqué diffusé via leurs canaux de propagande habituels, les assaillants ont explicitement enjoint le Burkina Faso et le Niger de ne pas intervenir. Le message était sans ambiguïté : « C’est une affaire entre nous et Bamako ». Plus troublant encore, l’inaction et le silence des contingents burkinabè et nigériens ce jour-là ont sidéré les observateurs militaires. Conformément aux arrangements négociés à Lomé, le capitaine Ibrahim Traoré aurait délibérément abandonné son « allié » malien face à l’adversité. Cette passivité ne serait pas une erreur tactique, mais l’application rigoureuse du protocole de non-ingérence orchestré par Faure Gnassingbé. L’Alliance des États du Sahel, conçue comme un front uni et indéfectible contre le terrorisme, aurait ainsi été brisée sur l’autel de cette présumée trahison togolaise.

Les motivations de Faure Gnassingbé derrière ce jeu dangereux

Cette stratégie serait principalement dictée par la survie du régime à travers le maintien d’un certain chaos. En contribuant à la déstabilisation de ses voisins, Faure Gnassingbé s’assurerait qu’aucun modèle de transition ne connaisse un succès trop éclatant, se positionnant ainsi comme le seul interlocuteur capable de « temporiser » auprès des partenaires internationaux. Le chantage à la sécurité représenterait également un puissant levier. En entretenant un contact direct avec le JNIM, le Togo protégerait ses propres frontières nord, sacrifiant le Mali pour éviter que les hostilités ne s’étendent jusqu’à Lomé. Enfin, l’affaiblissement d’Assimi Goïta demeurerait une priorité. Le leader malien, par son intransigeance, ferait de l’ombre à l’influence diplomatique togolaise. Sa chute potentielle ou son affaiblissement restaurerait à Faure Gnassingbé son rôle central dans la région, au détriment de la solidarité africaine.

Une diplomatie de « pompier-pyromane » aux répercussions dévastatrices

Les manœuvres de Faure Gnassingbé, qui seraient qualifiées d’imprudentes si elles n’étaient pas aussi graves, engendrent des conséquences irréversibles. La confiance entre le capitaine Ibrahim Traoré et le colonel Assimi Goïta est aujourd’hui profondément altérée. Comment établir une relation de confiance lorsque l’un est soupçonné de négocier avec les assaillants de l’autre ? Par ces actions, le régime togolais n’aurait pas seulement fragilisé le Mali ; il aurait offert au JNIM une victoire stratégique majeure : la fragmentation des forces armées sahéliennes. Le groupe terroriste n’aurait plus besoin de combattre simultanément tous les acteurs ; il lui suffirait de conclure des accords localisés, validés par un État côtier jugé complaisant, pour isoler ses cibles une à une.

Le coût de l’autocratie

Le Togo, sous la direction autoritaire de Faure Gnassingbé, s’enfonce de plus en plus dans l’isolement derrière un écran de fumée diplomatique. En pensant manipuler habilement les groupes terroristes et les jeunes dirigeants avides de pouvoir, le régime de Lomé aurait anéanti l’espoir d’une riposte coordonnée face au terrorisme dans la sous-région. L’histoire retiendra que c’est à Lomé que l’instrument de la discorde a été forgé pour être utilisé contre le Mali. Les services de renseignement occidentaux perçoivent désormais le « médiateur » togolais pour ce qu’il serait réellement : un facteur de déstabilisation qui, pour maintenir son pouvoir, serait prêt à livrer le Sahel aux flammes de la division et du djihadisme. La chute d’Assimi Goïta, si elle devait se produire, porterait l’empreinte de Lomé, mais le chaos qui en découlerait n’épargnerait personne, pas même ceux qui pensaient l’avoir maîtrisé.

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