Libération immédiate pour Moussa Tiangari : appel international contre la détention au Niger
Face à une incarcération jugée arbitraire depuis maintenant six mois, plusieurs organisations internationales montent au créneau pour exiger la remise en liberté de Moussa Tiangari au Niger. Amnesty International, Human Rights Watch, la FIDH et l’OMCT exhortent les autorités nigériennes à cesser d’instrumentaliser les lois antiterroristes pour étouffer la dissidence.
Un harcèlement judiciaire aux lourdes conséquences
L’arrestation de Moussa Tiangari remonte au 3 décembre 2024, lorsqu’il a été appréhendé à son domicile de Niamey. Un mois plus tard, le tribunal de grande instance de la capitale l’a inculpé de chefs d’accusation particulièrement graves, incluant l’atteinte à la défense nationale et le complot contre l’autorité de l’État. Ces charges, liées à une prétendue intelligence avec des puissances ennemies, font peser sur lui la menace de la peine de mort.
Actuellement détenu à la prison de Filingué, située à environ 170 kilomètres de Niamey, le militant n’a toujours pas pu s’expliquer devant un magistrat sur le fond du dossier. Pour Marceau Sivieude, représentant d’Amnesty International, cette détention résulte uniquement de l’exercice par Moussa Tiangari de ses libertés fondamentales.
La liberté d’expression dans le viseur
Le contexte de cette arrestation semble étroitement lié aux prises de position publiques du défenseur des droits humains. Peu avant son interpellation, il avait ouvertement critiqué sur les réseaux sociaux deux décisions gouvernementales majeures :
- La suspension de licences pour certaines organisations humanitaires non gouvernementales.
- La mise en place d’un fichier recensant les individus soupçonnés de liens avec le terrorisme, un outil perçu comme une menace pour les libertés individuelles au Niger.
En raison de ces accusations de terrorisme, Moussa Tiangari risque également d’être déchu de sa nationalité nigérienne, conformément à une ordonnance récente. Les organisations de défense des droits humains soulignent que les faits reprochés ne constituent pas des infractions pénales reconnues internationalement, mais relèvent de la simple liberté d’opinion.
Une répression accrue depuis le coup d’État
Les observateurs internationaux s’inquiètent d’une dérive autoritaire au Niger. Drissa Traoré, de la FIDH, dénonce une stratégie globale visant à réduire au silence toute voix critique par le biais d’un harcèlement judiciaire systématique. Ilaria Allegrozzi, de Human Rights Watch, estime que ce cas envoie un signal alarmant à l’ensemble de la société civile nigérienne.
Pour Isidore Ngueuleu de l’OMCT, Moussa Tiangari est une figure historique de la lutte pour la démocratie et la souveraineté au Niger. Sa détention est perçue comme une erreur politique majeure de la part du régime en place.
Rappel des faits
Secrétaire général de l’organisation Alternatives Espaces Citoyens (AEC), Moussa Tiangari, 55 ans, a été emmené par des hommes armés en civil qui ont saisi son matériel informatique. Après une disparition forcée de deux jours, il a été localisé dans les services de lutte contre le terrorisme avant son transfert en milieu carcéral. Malgré les recours déposés par ses avocats au printemps 2025 pour faire annuler la procédure, la justice nigérienne a maintenu sa détention, provoquant une mobilisation internationale sans précédent.