Liberté immédiate pour Moussa Tiangari au Niger : l’ONU exige sa libération

Liberté immédiate pour Moussa Tiangari au Niger : l’ONU exige sa libération

Un appel urgent des Nations unies pour la libération d’un défenseur des droits humains

Le Niger fait face à une nouvelle pression internationale concernant la situation du militant Moussa Tiangari, dont la détention a été jugée « arbitraire » par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (GTDA). Dans un avis rendu public fin juin 2026, l’instance onusienne a clairement établi que les conditions de sa privation de liberté violent plusieurs droits fondamentaux, exigeant une libération immédiate et inconditionnelle. Cette décision s’ajoute aux appels répétés de la société civile pour la libération du défenseur, dont l’emprisonnement s’inscrit dans un contexte de répression croissante contre les voix dissidentes au Niger.

Une détention sans fondement juridique, selon l’ONU

L’avis n°4/2026 du GTDA, adopté en mars 2026, souligne que la détention de Moussa Tiangari repose sur des accusations dépourvues de base légale, tout en étant entachée de graves violations des droits à un procès équitable. Le groupe onusien a identifié plusieurs violations des droits humains, notamment l’atteinte à la liberté d’expression, à la participation aux affaires publiques et au droit de réunion pacifique. Ces conclusions sont particulièrement critiques, car elles mettent en lumière l’instrumentalisation du système judiciaire à des fins politiques.

Les circonstances troublantes de son arrestation

Moussa Tiangari, secrétaire général de l’organisation Alternative espaces citoyens (AEC), a été enlevé à son domicile de Niamey le 3 décembre 2024, avant d’être placé au secret pendant deux jours, suscitant des craintes de torture. Il a ensuite été localisé dans les locaux du Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée (SCLCT/CTO), où il a été placé en garde à vue. Son inculpation par le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance hors classe de Niamey est intervenue le 3 janvier 2025, pour des chefs d’accusation incluant « apologie du terrorisme », « atteinte à la sûreté de l’État » et « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». Ces charges pourraient, en cas de condamnation, entraîner la peine de mort.

Son arrestation coïncide avec son retour d’Abuja, où il avait participé à un Conseil d’administration du Centre pour la démocratie et le développement (CDD), partenaire d’AEC. Quelques jours plus tôt, il assistait en Côte d’Ivoire à une conférence internationale organisée par le CICR, marquant le 75e anniversaire des Conventions de Genève. Un journaliste proche des autorités nigériennes l’avait alors accusé d’avoir tenu des discours nuisibles aux intérêts du Niger, une allégation qui semble avoir précipité son arrestation. Par ailleurs, AEC avait organisé une conférence critique sur la déchéance de nationalité décidée par le régime militaire, réunissant des personnalités judiciaires et politiques.

Un harcèlement judiciaire récurrent

Ce n’est pas la première fois que Moussa Tiangari fait l’objet de mesures répressives. Depuis 2015, il a été arbitrairement détenu à plusieurs reprises, notamment pour avoir dénoncé des détournements de fonds dans l’achat de matériel militaire ou critiqué des lois jugées liberticides. Ces antécédents illustrent une stratégie délibérée de muselage des défenseurs des droits humains au Niger, dans un contexte où l’espace civique s’est considérablement réduit depuis le coup d’État de juillet 2023. Les arrestations arbitraires, les détentions prolongées et les violations des droits fondamentaux se multiplient, ciblant les militants et les voix critiques.

Une tentative de légalisation de la détention prolongée

En mai 2026, la chambre de contrôle du pôle spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme a rejeté sa demande de libération provisoire, malgré l’article 615 de l’ordonnance n°2026-10 du 16 février 2026, qui limite la détention provisoire en matière criminelle à douze mois renouvelables une fois. Pourtant, Moussa Tiangari est détenu depuis plus d’un an et demi. Pire encore, le 26 juin 2026, une ordonnance rétroactive a porté la durée maximale de détention provisoire à quatre ans en matière criminelle, renouvelable une fois. Ses avocats dénoncent une manœuvre visant à le maintenir indéfiniment en détention.

Face à cette situation, le GTDA rappelle que les autorités nigériennes doivent respecter le droit international, notamment les articles 2, 9, 14, 16, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auxquels le Niger est partie. L’instance onusienne exige également une enquête indépendante sur les allégations de torture et de mauvais traitements subis par Moussa Tiangari pendant sa détention au secret.

Un appel à la fin de la répression

La société civile et les organisations de défense des droits humains exhortent les autorités nigériennes à libérer immédiatement Moussa Tiangari, à abandonner les charges retenues contre lui et à garantir son droit à réparation. Elles demandent également la fin de tout harcèlement judiciaire à son encontre, ainsi que la protection des autres défenseurs des droits humains au Niger. Le respect de la liberté d’expression et des droits fondamentaux doit être une priorité absolue pour le pays, en conformité avec les engagements internationaux du Niger.

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