Lutte contre la corruption et droits humains : le plaidoyer du Maroc à Genève
Une synergie indispensable entre probité et libertés fondamentales
Dans un contexte mondial où la vigilance face aux dérives financières s’intensifie, une rencontre de haut niveau a mis en lumière le lien indissociable entre la lutte contre la corruption et la protection des droits de la personne. Cet échange s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux, notamment la résolution 59/6 de juillet 2025, qui affirme que l’intégrité et les droits fondamentaux constituent deux piliers se renforçant mutuellement. Les cadres de référence, tels que la Convention des Nations unies contre la corruption et la Déclaration de Marrakech, convergent vers une nécessité absolue : instaurer une prévention solide basée sur l’État de droit.
Le Maroc a profité de cette tribune pour exposer sa stratégie intégrée, où l’action des institutions nationales s’aligne harmonieusement avec les standards internationaux. L’ambassadeur Omar Zniber, représentant permanent du Royaume auprès des Nations unies à Genève, a dirigé les discussions en soulignant la portée multilatérale de cette initiative. Il a mis en avant le leadership marocain dans ce processus onusien, illustré par une coordination rigoureuse des instances nationales autour des principes de transparence et de bonne gouvernance.
De son côté, le délégué interministériel aux droits de l’Homme, El Habib Belkouch, a rappelé que les pratiques corruptives font obstacle à la pleine jouissance des libertés. Au-delà des questions de répression, il a insisté sur les conséquences sociales : chaque détournement de fonds publics prive directement les citoyens d’un accès équitable à la justice, à l’éducation, aux soins de santé ou à l’emploi. Ces dysfonctionnements frappent prioritairement les populations les plus fragiles, notamment les femmes et les groupes marginalisés.

Vers un modèle d’intégrité institutionnelle
Pour contrer ce fléau, la prévention s’impose comme le levier le plus puissant. Des concepts tels que le droit d’accès à l’information, la reddition des comptes et la participation citoyenne ne sont plus seulement des objectifs de gestion, mais de véritables outils de protection des droits. Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, a plaidé pour une mutation profonde des cadres d’analyse. Selon lui, la lutte contre la corruption devient une obligation positive pour les États afin de garantir les libertés.
L’approche doit désormais se focaliser sur les victimes réelles, privées de leurs droits fondamentaux par des pratiques occultes. Mohamed Benalilou a également évoqué la corruption liée au genre, y voyant un frein majeur à l’égalité. Il a appelé à sanctuariser l’espace civique et à reconnaître les lanceurs d’alerte comme de véritables défenseurs des droits humains. L’objectif final est d’aboutir à une intégrité institutionnelle où chaque administration protège activement l’égalité des chances.
Enfin, la cohérence internationale entre les centres de décision de Genève, Vienne et New York est jugée indispensable. Un consensus s’est dégagé sur l’urgence de créer des passerelles entre les instances de lutte contre la corruption et celles dédiées aux droits de l’Homme. L’éducation, le numérique et le renforcement des capacités citoyennes apparaissent comme les instruments clés pour bâtir une gouvernance transparente et prévenir durablement les abus de pouvoir.