Mali : le Jnim exploite les mines d’or pour alimenter ses attaques

Mali : le Jnim exploite les mines d’or pour alimenter ses attaques
Au Mali, les groupes jihadistes du Jnim contrôlent des zones aurifères et imposent des taxes aux exploitants étrangers. © JINM

Des ressources aurifères devenues un enjeu stratégique pour les groupes armés

Dans les régions reculées du Mali, les groupes jihadistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), étendent leur influence en contrôlant les sites miniers d’or. Ces zones, autrefois exploitées par des entreprises étrangères, sont aujourd’hui soumises à une extorsion systématique. Les orpailleurs chinois, en particulier, subissent des pressions financières croissantes, alimentant ainsi les caisses des groupes armés.

Un système d’extorsion organisé autour des exploitations minières

Le Jnim impose des tributs aux sociétés minières opérant dans les zones sous son emprise. Ces paiements, présentés sous forme de « taxes de protection », sont en réalité des rançons déguisées. Les entreprises chinoises, déjà fragilisées par l’insécurité, n’ont d’autre choix que de céder aux exigences des jihadistes pour éviter des attaques ou des enlèvements.

Les montants réclamés varient selon la taille des exploitations, mais peuvent atteindre plusieurs millions de francs CFA par mois. Ces fonds servent ensuite à financer les opérations militaires du groupe, mais aussi à recruter de nouveaux combattants et à acheter du matériel.

Un cercle vicieux pour l’économie locale

Cette situation aggrave la précarité des populations locales, dépendantes de l’exploitation artisanale de l’or. Les jihadistes, en contrôlant les flux financiers, réduisent les recettes fiscales de l’État malien, déjà affaibli par des années de crise sécuritaire. Les entreprises étrangères, quant à elles, voient leurs investissements menacés par cette insécurité grandissante.

Les autorités maliennes, malgré leurs déclarations, peinent à endiguer ce phénomène. Les forces de sécurité, souvent en sous-effectif, ne parviennent pas à sécuriser ces zones éloignées. Les groupes armés, eux, profitent de cette faiblesse institutionnelle pour renforcer leur emprise.

Les conséquences pour les acteurs économiques

Les entreprises minières, qu’elles soient locales ou étrangères, doivent désormais composer avec cette nouvelle donne. Certaines ont choisi de quitter le Mali, d’autres tentent de négocier des arrangements avec les jihadistes pour poursuivre leurs activités. Cependant, ces accords informels restent fragiles et exposent les sociétés à des représailles si les paiements cessent.

Une stratégie jihadiste à long terme

Le Jnim ne se contente pas de rançonner les orpailleurs. Il cherche aussi à contrôler les routes commerciales et les réseaux de financement pour asphyxier les forces pro-gouvernementales. En affaiblissant l’économie locale, le groupe affaiblit indirectement l’État malien, tout en consolidant son propre pouvoir.

Cette stratégie illustre la mutation des conflits sahéliens, où les groupes armés ne se contentent plus de combats idéologiques, mais s’immiscent dans les rouages économiques pour s’autofinancer.

Que faire face à cette menace ?

Face à cette situation, plusieurs pistes sont envisagées par les acteurs locaux et internationaux. Renforcer la présence militaire dans les zones minières, soutenir les entreprises par des mesures de protection, ou encore instaurer des canaux de financement alternatifs pour l’État malien. Cependant, aucune solution ne semble évidente dans un contexte où l’insécurité persiste.

Une chose est sûre : tant que les groupes armés pourront compter sur des ressources financières issues de l’exploitation minière, ils resteront une menace majeure pour la stabilité du Mali.

  • Le Jnim tire profit des mines d’or pour financer ses opérations.
  • Les entreprises chinoises sont particulièrement ciblées par les extorsions.
  • L’économie locale et les recettes de l’État sont fortement impactées.
  • Les autorités maliennes peinent à sécuriser ces zones stratégiques.

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