“Vive la démocratie, à bas la dictature !” : tel était le slogan principal scandé par les manifestants réunis au Palais de la culture de Bamako. Des centaines de personnes, mobilisées par une coalition de partis politiques, ont dénoncé la volonté des autorités militaires de supprimer les formations politiques. Cette protestation, inédite depuis plusieurs années, survient dans un climat politique tendu où l’autoritarisme du régime est de plus en plus critiqué.
Les participants, brandissant banderoles et drapeaux, ont réclamé l’organisation d’élections libres et le respect des droits fondamentaux. La manifestation, encadrée par les forces de l’ordre sans incident majeur, a été largement partagée sur les réseaux sociaux, témoignant de son écho national.
Un durcissement de la répression politique
Le 30 avril 2025, les autorités maliennes ont abrogé la loi encadrant les partis politiques, une décision perçue comme une première étape vers leur interdiction. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une concertation organisée par la junte, mais boycottée par la majorité des partis d’opposition.
Les propositions issues de ces discussions, jugées non inclusives, suggèrent même la suppression totale des partis politiques et la nomination du général Goïta à la tête de l’État pour cinq ans, avec possibilité de renouvellement, sans passer par le scrutin.
La décision finale appartient désormais au général Assimi Goïta, au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021.
Une démocratie en péril
Cette mobilisation illustre l’un des rares défis publics lancés au régime militaire depuis 2021. Depuis son accession au pouvoir, la junte a multiplié les actions répressives : poursuites contre l’opposition, dissolution d’organisations civiles et restriction de la liberté de la presse.
Pourtant, la Constitution malienne de 1992, tout comme la nouvelle Loi fondamentale adoptée en 2023, consacre le multipartisme, la liberté d’expression et le droit de réunion.
Le Mali, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a quitté la Cédéao en raison de divergences perçues avec la France, formant avec ces pays l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette alliance renforce l’axe des régimes militaires en Afrique de l’Ouest.