Maroc-Chine : Une diplomatie économique au service de l’attractivité industrielle
LA VÉRITÉ
Beijing est devenu, le temps d’une semaine, le théâtre d’une accélération décisive pour le partenariat stratégique sino-marocain. Portés par une volonté commune de réindustrialisation, le ministre délégué à l’Investissement, Karim Zidane, et l’ambassadeur du Maroc en Chine, Abdelkader El Ansari, ont multiplié les appels du pied aux géants chinois lors de la 4e Exposition internationale des chaînes d’approvisionnement (CISCE).
Le message est clair, coordonné et particulièrement ambitieux : le Royaume entend désormais s’imposer comme le hub industriel incontournable entre l’Europe, l’Afrique et l’espace atlantique. Alors que le Maroc affiche une dynamique d’investissement historique, avec 381 projets approuvés pour un montant global de 580 milliards de dirhams et une montée en puissance des flux financiers chinois — les investissements directs étrangers ayant atteint 2 milliards de dirhams en 2025 —, l’ambassadeur Abdelkader El Ansari a réaffirmé, ce mardi, que le Royaume est prêt pour une nouvelle étape. S’adressant aux opérateurs économiques, il a rappelé que le partenariat scellé en 2016 par SM le Roi Mohammed VI et le président Xi Jinping n’est pas une simple déclaration d’intention, mais un véritable moteur de croissance tangible.
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La force du plaidoyer marocain ne repose plus seulement sur la main-d’œuvre ou les avantages fiscaux, mais sur une offre de valeur globale. Le Royaume propose un écosystème où la connectivité inégalée, portée par des infrastructures de classe mondiale comme Tanger Med ou les ports de Nador et Dakhla, transforme le Maroc en une porte d’entrée logistique idéale. À cela s’ajoute un accès privilégié aux marchés internationaux grâce à plus de 56 accords de libre-échange et un rôle central dans la ZLECAf, permettant aux entreprises chinoises de franchir les barrières douanières pour atteindre plus d’un milliard de consommateurs. Ce socle est renforcé par un ancrage sectoriel robuste dans l’automobile, l’aéronautique, la mobilité électrique et les énergies renouvelables, autant de domaines où la complémentarité sino-marocaine s’impose désormais comme une évidence industrielle.
Dans cette dynamique, le ministre Karim Zidane a mis l’accent sur le concept de « partenariat triangulaire ». Pour lui, le Maroc ne se résume pas à une destination pour l’exportation ; il est un partenaire clé pour l’industrialisation de l’Afrique. Le modèle est limpide : la Chine apporte la technologie et les capitaux, tandis que le Maroc offre son expertise, sa stabilité politique et son influence continentale pour transformer durablement le tissu industriel africain. Cette vision s’inscrit pleinement dans les préparatifs du Mondial 2030, où les chantiers d’infrastructures et de mobilité durable ouvrent des perspectives inédites aux groupes chinois.
Pour Abdelkader El Ansari, l’enjeu est maintenant de transformer cette confiance grandissante, déjà illustrée par la présence d’une centaine d’entreprises chinoises sur le sol marocain, en un ancrage industriel durable et profond. À Beijing, le Maroc ne se contente plus de vanter ses mérites ; il pose les jalons d’un avenir où le « Made in Morocco » devient un prolongement naturel des chaînes de valeur mondiales, confirmant que le Royaume est, plus que jamais, le trait d’union stratégique d’un monde en reconfiguration.