Nigeria : des centaines de civils libérés des griffes de Boko Haram
Nigeria : des centaines de civils libérés des griffes de Boko Haram
L’armée nigériane a annoncé la libération de 360 personnes détenues par Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Deux nourrissons ont malheureusement péri d’épuisement durant leur calvaire.
Plusieurs centaines de personnes, victimes d’enlèvements plus tôt cette année par le groupe djihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria, ont retrouvé la liberté. Cette nouvelle a été confirmée par l’armée nigériane et des sources locales.
Depuis 2009, le nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection djihadiste menée d’abord par Boko Haram, puis par son rival, l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Cette violence incessante a causé des dizaines de milliers de morts et a contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers dans le pays le plus peuplé du continent africain.
Les enlèvements de masse, souvent suivis de libérations contre rançon, constituent une tactique récurrente des groupes islamistes. Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), une organisation de jeunesse locale, a affirmé avoir œuvré pour la libération de 416 femmes et enfants enlevés dans la localité de Ngoshe.
Le lourd tribut des nourrissons
« Ils ont été libérés samedi », a-t-il précisé aux journalistes. Mohammed Ali Ndume, sénateur de l’État de Borno, a également confirmé cette libération.
Cependant, dans une communication ultérieure, l’armée a apporté des précisions, indiquant que 360 personnes avaient été secourues. Cette libération n’aurait pas été le fait de Boko Haram, mais le résultat d’une « opération » menée par les forces armées, s’appuyant sur des « renseignements » collectés.
L’armée a détaillé avoir utilisé des informations cruciales et mené des « opérations psychologiques » pour semer la « méfiance au sein des insurgés » avant de lancer la « phase d’assaut ».
Les victimes étaient détenues « dans des conditions extrêmes après avoir été enlevées dans plusieurs communautés, notamment dans l’axe de Ngoshe », a rapporté le communiqué militaire.
« Malheureusement, deux nourrissons sont décédés d’épuisement en raison de la longue captivité et des conditions insoutenables », a déploré sur les réseaux sociaux Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, qui a également confirmé le chiffre de 360 personnes libérées.
Les rançons, une réalité persistante
Le village de Ngoshe, situé à moins de 10 kilomètres de la frontière camerounaise, dans les collines de Gwoza, est un bastion de Boko Haram et a été la cible de multiples attaques islamistes.
Le responsable de l’organisation de jeunesse a déclaré ne pas connaître les circonstances exactes de cette libération. Son organisation, BOSYA, qui avait pourtant établi des canaux de communication entre les ravisseurs et les familles, n’a pas fourni de détails supplémentaires.
Bien que les autorités nigérianes nient officiellement le versement de rançons, des analystes affirment qu’il s’agit d’une pratique courante, impliquant aussi bien le gouvernement que les familles des victimes.
Un rapport du cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos, a révélé qu’environ 1,66 million de dollars de rançons ont été versés entre juillet 2024 et juin 2025. Ces sommes ont bénéficié à divers groupes armés au Nigeria, incluant les djihadistes, mais aussi des « bandits » et des mouvements séparatistes.