Quelques jours seulement après avoir appelé au calme et au respect des décisions du Conseil constitutionnel, Ousmane Sonko a radicalement changé de ton. En effet, lors de l’inauguration du siège de son parti, Pastef, à Touba, il a publiquement dénoncé l’influence du pouvoir exécutif sur les travaux parlementaires. Une posture qui tranche avec ses déclarations passées.
Rappelons qu’à la suite de la décision des membres du Conseil constitutionnel invalidant un texte voté par l’Assemblée nationale, visant à étendre les attributions du Parlement au détriment de celles du président, Ousmane Sonko avait alors insisté sur la nécessité de respecter les institutions. « Cette décision s’impose à tous ! (…) En démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre, aucune crise ne peut survenir », avait-il affirmé.
Pourtant, lors de son allocution à Touba, le leader de Pastef a adopté un discours bien plus tranchant. Face à ses partisans, il a vivement critiqué la décision des Sages, estimant que « le Conseil constitutionnel ne peut pas imposer aux députés de voter des lois qui plaisent au président de la République ». Une déclaration qui a marqué un tournant dans ses prises de position.
Ousmane Sonko n’a pas épargné non plus le président Bassirou Diomaye Faye, pointant du doigt son recours systématique au Conseil constitutionnel. « Chaque semaine, il saisit le Conseil constitutionnel », a-t-il souligné, remettant en cause la légitimité de ces interventions répétées.
