Le Conseil constitutionnel a confirmé son incompétence pour trancher le litige autour de la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, puis son élection à la présidence de cette institution le 26 mai.
Quelques jours après avoir été écarté de son poste de Premier ministre, l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko, figure emblématique du parti Pastef et leader de la majorité parlementaire, a été réintégré à l’Assemblée avant d’y être élu président.
Fin des recours pour l’opposition
Son élection a immédiatement été contestée par l’opposition, qui dénonçait une violation du règlement intérieur et évoquait un « coup d’État institutionnel ». Avec cette décision du Conseil constitutionnel, plus aucun recours n’est désormais envisageable pour ses détracteurs.
Empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2024, Ousmane Sonko est devenu Premier ministre en avril 2024, après la victoire de son allié politique, Bassirou Diomaye Faye, à la présidence de la République.
En tant que tête de liste du Pastef, il avait obtenu 130 sièges sur 165 lors des législatives de novembre 2024, mais avait renoncé à son mandat pour conserver ses fonctions gouvernementales.
Une opposition qui crie à l’illégalité
L’opposition soutenait que la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale aurait dû passer par une démission préalable de son poste de Premier ministre, ce qui aurait permis une réintégration temporaire avant un retour au gouvernement. « Nous ne cautionnerons pas cette mascarade », avait réagi le député Abdou Mbow fin avril. Mais avec l’avis du Conseil constitutionnel, le leader du Pastef conserve donc son poste à la tête de l’Assemblée, où il pourrait exercer un contre-pouvoir face au président Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié avec qui la rupture est désormais consommée.
