Souveraineté alimentaire au Bénin : vers une transformation locale renforcée

Souveraineté alimentaire au Bénin : vers une transformation locale renforcée

Une vision gouvernementale claire pour briser la dépendance aux exportations

Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a récemment mené une tournée de trois jours dans les régions clés du Bénin. L’objectif ? Accélérer la transformation locale des produits agricoles pour réduire les exportations de matières premières et renforcer l’autonomie alimentaire du pays. Une stratégie ambitieuse qui s’articule autour de trois piliers : modernisation des infrastructures, sécurisation des approvisionnements et incitations économiques.

Le riz et le manioc en tête de la révolution agricole

La filière rizicole béninoise franchit un cap décisif avec l’inauguration prochaine d’une troisième unité de transformation à Dangbo. Le groupe Premium, déjà bien implanté dans le secteur, porte ce projet qui portera sa capacité annuelle de 300 000 à 500 000 tonnes de riz transformé. Une avancée majeure pour limiter les importations de riz asiatique et renforcer la stabilité des prix sur le marché local.

Côté manioc, une nouvelle usine à Paouignan se profile à l’horizon. Ce complexe industriel, fruit d’un partenariat public-privé inédit, produira non seulement du gari et du tapioca, mais aussi de la farine de manioc, une alternative crédible au blé importé. L’originalité du projet réside dans sa gouvernance partagée, garantissant une répartition équitable des revenus et une sécurité durable pour les producteurs ruraux.

Anacarde : la lutte contre l’hémorragie des noix brutes

La filière anacarde, pourtant porteuse de promesses économiques, souffre d’une hémorragie de ses matières premières. Les transformateurs béninois alertent sur l’exportation massive de noix brutes vers les pays voisins, privant le pays de milliers d’emplois et de valeur ajoutée. Face à cette menace, le gouvernement béninois a décidé de renforcer les contrôles aux frontières et de prioriser l’approvisionnement des usines locales. Une mesure ferme pour sauvegarder l’industrie naissante et valoriser le travail des jeunes agriculteurs.

Coton : un bonus pour relancer la production

La filière cotonnière, pilier historique de l’économie béninoise, traverse une période de difficultés. Après trois années de baisse de production, l’exécutif a fixé un objectif ambitieux : atteindre 700 000 tonnes pour la campagne 2026-2027. Pour stimuler les producteurs, une prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme est prévue dès que le seuil des 700 000 tonnes sera dépassé. Une incitation financière qui vise à redonner confiance aux cultivateurs et à dynamiser l’ensemble de la filière.

Vers une agriculture béninoise plus résiliente

Entre fermeté sur les contrôles frontaliers, aides financières aux producteurs et modernisation des infrastructures, le Bénin trace sa route vers une souveraineté alimentaire renforcée. Les défis restent nombreux, notamment sur le plan logistique et climatique, mais la détermination des autorités semble inébranlable. L’enjeu est de taille : transformer durablement l’économie rurale pour en faire un moteur de croissance et d’emploi.

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