Souveraineté numérique : le Gabon inaugure son premier data center de pointe à Nkok

Souveraineté numérique : le Gabon inaugure son premier data center de pointe à Nkok

Le Gabon a franchi une étape décisive dans sa transformation numérique avec l’inauguration récente de son tout premier data center national. C’est le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a officiellement lancé cette infrastructure stratégique, située au cœur de la zone économique spéciale de Nkok. Développé par ST Digital Data Center Services, ce nouveau pôle technologique est conçu pour consolider l’hébergement local des données, optimiser la cybersécurité et accélérer le déploiement numérique à l’échelle nationale.

Certifié Tier III, ce qui garantit sa conformité aux standards internationaux les plus rigoureux en matière de fiabilité et de disponibilité, le data center gabonais est destiné à accroître significativement les capacités de stockage du pays. Il servira de socle robuste au développement du cloud computing, offrira un appui essentiel aux administrations et aux entreprises locales, et surtout, renforcera la souveraineté numérique du Gabon. Cette initiative place le pays sur la carte des nations africaines pionnières dans ce domaine.

En effet, le Gabon rejoint une dynamique continentale où des pays comme l’Afrique du Sud, leader incontesté, ou le Maroc, ont déjà investi massivement dans leurs infrastructures numériques. L’objectif commun, quelle que soit la taille de l’économie, est d’assurer une maîtrise complète de l’écosystème digital national. Cette ambition est souvent soutenue par des géants mondiaux du cloud (tels qu’AWS, Microsoft Azure, Google Cloud) et des acteurs panafricains majeurs (comme Teraco, Africa Data Centres ou Raxio).

Actuellement, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Nigeria, le Kenya et le Maroc dominent le marché africain, concentrant près de la moitié des infrastructures physiques et plus de 80 % de la puissance informatique active. Des pays comme Maurice, le Ghana ou le Sénégal, chacun doté de 7 à 11 data centers, s’efforcent de ne pas se laisser distancer par ces locomotives.

Longtemps considérée comme la région la moins équipée en infrastructures de colocation tierces, l’Afrique centrale, et notamment la Cémac, voit cette tendance s’inverser rapidement. Traditionnellement, la majorité des données y était stockée sur des serveurs privés d’entreprises ou à l’étranger, représentant moins de 5 % du parc africain.

Cependant, une dynamique de rattrapage est clairement en marche. Le Cameroun a déjà modernisé ses équipements avec un data center public opéré par Camtel à Zamengoé, complété par des initiatives privées à Douala et Yaoundé. Le Gabon, avec son data center national de Nkok, marque donc une avancée majeure. Cette installation est conçue pour héberger l’intégralité des données de l’État et proposer une alternative locale souveraine aux entreprises de toute la sous-région. D’autres projets sont également en cours : le Congo prévoit d’inaugurer le sien cette année, tandis que le Tchad et la République centrafricaine ont initié des démarches similaires.

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