Stratégie industrielle de la Côte d’Ivoire : un levier pour la croissance économique

Stratégie industrielle de la Côte d’Ivoire : un levier pour la croissance économique

Pourquoi l’industrialisation de la Côte d’Ivoire est-elle un pilier du développement économique ?

Lors d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau, le directeur Région UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, Paul-Harry Aithnard, a mis en lumière un enjeu crucial : le rôle déterminant de l’industrialisation dans la transformation économique de la Côte d’Ivoire. Selon lui, pour rejoindre le cercle des pays émergents, le pays doit impérativement s’engager dans cette voie, à l’image de nations comme la Malaisie, qui a su tirer profit de ce modèle pour multiplier son PIB par quatre en 25 ans.

Les journalistes en discussion avec Paul-Harry Aithnard, directeur régional UEMOA et DG d’Ecobank Côte d’Ivoire

Comment l’industrialisation peut-elle quadrupler le PIB ivoirien d’ici 25 ans ?

L’exemple de la Malaisie illustre parfaitement le potentiel de l’industrialisation. En 1999, son PIB s’élevait à 100 milliards de dollars, un niveau similaire à celui de la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Pourtant, en 2025, la Malaisie a atteint plus de 400 milliards de dollars, soit une croissance exponentielle. Pour reproduire ce succès, Paul-Harry Aithnard insiste sur trois leviers majeurs :

  • L’inclusion financière : Développer l’accès aux services bancaires pour permettre aux populations de stocker leur épargne, réaliser des paiements et accéder à des financements. Cela passe par une digitalisation accrue des services financiers.
  • Le financement des infrastructures : Le secteur privé, notamment bancaire, doit jouer un rôle clé en soutenant les grands projets d’infrastructures, essentiels à la productivité industrielle.
  • L’amélioration des secteurs clés : L’État doit renforcer la production d’électricité, pilier de toute industrialisation, et moderniser l’éducation en mettant l’accent sur les sciences, la technologie et le management.

Quels sont les défis à relever pour réussir cette transition industrielle ?

Si les avancées en matière de production énergétique et les réformes éducatives sont saluées, des obstacles persistent. L’un des principaux défis reste l’accès à un financement abordable pour les entreprises locales. Le secteur bancaire, via des prêts adaptés, peut faciliter cette transition en soutenant les investissements nécessaires.

Par ailleurs, la digitalisation des services financiers doit s’accompagner d’une éducation adaptée pour garantir une adoption massive par la population. Les initiatives publiques et privées doivent donc converger pour créer un écosystème favorable à l’industrialisation.

Le rôle clé du secteur bancaire dans l’industrialisation

Selon Paul-Harry Aithnard, les banques ont un rôle central à jouer. En finançant les infrastructures et en développant des produits financiers innovants, elles peuvent accélérer le processus d’industrialisation. Le choix délibéré d’Ecobank Côte d’Ivoire de soutenir les grands projets en est une illustration concrète.

En conclusion, l’industrialisation n’est pas une option mais une nécessité pour la Côte d’Ivoire. En s’inspirant des modèles réussis comme celui de la Malaisie, le pays peut ambitionner une croissance durable, à condition de lever les freins structurels et de mobiliser tous les acteurs économiques.

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