Burkina Faso: la végétalisation urbaine, un bouclier vert face aux défis climatiques

Burkina Faso: la végétalisation urbaine, un bouclier vert face aux défis climatiques

Le Burkina Faso déploie une stratégie ambitieuse pour transformer ses paysages urbains, intégrant la nature au cœur de la ville. Le programme national d’aménagement paysager prévoit la création de 80 espaces verts, l’embellissement de 60 ronds-points et la végétalisation de 65 kilomètres de voirie. Ces initiatives traduisent une volonté ferme de métamorphoser l’apparence des agglomérations burkinabè.

Dans des centres urbains souvent accablés par la poussière, étouffés par la chaleur intense et manquant d’espaces de détente, ces aménagements se révèlent essentiels. L’espace vert aménagé au pied de l’échangeur de Ouaga 2000 en est un exemple éloquent, promettant d’améliorer significativement le quotidien des habitants.

Le Dr Ines Bationo, Burkinabè résidant au Sénégal et actuellement en visite dans son pays d’origine, exprime son enchantement face à ces transformations: «Vous ne pouvez pas imaginer la joie que j’ai eue de voir ces espaces aménagés. Pourquoi, parce que je suis de la diaspora burkinabè, je vis au Sénégal et je suis là depuis une semaine. Et quand je suis arrivée, j’ai trouvé ces espaces et j’étais totalement séduite».

Mahamadi Ouedraogo, un leader associatif, souligne l’impact positif sur l’environnement local: «Ça change l’environnement. Sinon avant c’était de la terre, c’était rouge, il n’y avait rien de particulier. Mais là, c’est beau, il y a un microclimat qui s’est créé et c’est ce dont on a besoin. C’est vrai que nous sommes un pays sahélien mais quand la canicule monte, il le souci de l’écologique soit mieux partagé».

De nombreuses recherches menées dans des métropoles mondiales confirment le rôle crucial de la végétalisation urbaine comme solution naturelle contre l’élévation des températures en ville. Les arbres de rue, par l’ombre qu’ils procurent, réduisent considérablement la sensation de chaleur.

Des études attestent que «multiplier les espaces verts, les toitures végétalisées et les arbres permettrait de réduire la température moyenne en ville d’environ 2°C, atténuant les impacts sanitaires des canicules». Il est également démontré que sous un couvert forestier, la température maximale est en moyenne 4°C inférieure à celle des zones ouvertes.

Au-delà des bienfaits environnementaux, cette démarche est également un levier pour renforcer le civisme et le sentiment d’appartenance citoyenne. Les espaces verts deviennent des lieux privilégiés de socialisation, de repos et de renforcement de la cohésion communautaire.

Toutefois, la pérennité de ce programme repose sur sa capacité à être maintenu sur le long terme. Planter des arbres est une étape, mais leur entretien continu est un défi majeur.

Lassané Sawadogo, un acteur de la société civile et visiteur, suggère des solutions pour la durabilité: «Après l’aménagement, il faudra établir des conditions d’accès à ces espaces pour permettre à la mairie et au ministère chargé de l’Environnement de faire des recettes qui permettront de prendre soin de ces lieux».

Sidoine Nakanabo, une visiteuse, exprime sa satisfaction: «On est très content. C’est un lieu pour se détendre en premier lieu et permet de développer le tourisme burkinabè».

Par cette initiative, le Burkina Faso envoie un signal fort: une ville moderne ne se limite pas à ses infrastructures routières et à ses bâtiments. Elle intègre également des arbres, des zones d’ombre et des espaces où les citoyens peuvent se ressourcer et interagir, faisant de la nature un pilier du développement urbain durable.

tribuneaes