Tensions politiques au Tchad : neuf leaders de l’opposition arrêtés
La justification officielle de ces arrestations au Tchad repose sur l’application d’un arrêt de la Cour suprême daté du 24 avril. Cette décision a ordonné la dissolution du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), une coalition regroupant plusieurs formations de l’opposition. En conséquence, les activités du groupe ont été jugées illégales sur tout le territoire national. Cette mesure a été prise alors que le collectif s’apprêtait à organiser une marche de protestation le 2 mai.
Du point de vue des autorités, cette initiative était perçue comme une tentative de perturber l’ordre public.
Abdel Nasser Garboa, porte-parole du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti au pouvoir, a commenté la situation. Il a exprimé que l’arrestation de personnalités, surtout d’un certain âge, est toujours regrettable sur le plan humain. Cependant, il a souligné la nécessité de comprendre la position du gouvernement, qui s’efforce de maintenir l’ordre dans un pays confronté à de multiples défis. Il a déploré que ces acteurs politiques, au lieu de soutenir le gouvernement et de formuler des propositions constructives, agissent comme des fauteurs de troubles, les invitant à faire preuve de plus de responsabilité.
Un recul pour la scène politique
Cette vision n’est pas partagée par Mahamat Zen Chérif, président du parti Tchad Uni et non-membre du GCAP. Il considère ces événements comme une régression très préoccupante pour la démocratie tchadienne, soulignant l’importance de protéger l’État de droit et les valeurs démocratiques.
Selon lui, l’arrestation de dirigeants de partis politiques légalement établis agissant dans le respect de la loi envoie un signal négatif à tous les Tchadiens concernant le recul démocratique. Il estime que le gouvernement révèle ainsi sa fragilité, car un pouvoir légitime issu des élections ne devrait pas craindre l’expression de la volonté populaire.
Mahamat Zen Chérif ajoute que les manifestations et l’exercice des libertés fondamentales sont essentiels à la vitalité de la vie politique. Interdire systématiquement toute forme de manifestation risque, selon lui, d’encourager des revendications illégales, ce qui représente un danger pour la stabilité du pays.
Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) est l’une des coalitions d’opposition les plus importantes du Tchad, rassemblant une dizaine de partis. Le GCAP est connu pour ses critiques acerbes envers la transition. Le 31 octobre 2025, il avait fait la une de l’actualité en annonçant son retrait de la vie politique tchadienne et la fermeture de ses locaux pour protester contre une dérive autoritaire et un climat de répression.