Transport routier vers Bamako : les compagnies suspendent leurs liaisons
Depuis la fin du mois d’avril, le Mali fait face à une crise majeure après des attaques simultanées menées par des groupes armés dans plusieurs régions stratégiques. Ces événements ont contraint plus d’une dizaine de compagnies de transport routier à suspendre leurs liaisons avec Bamako, la capitale.
Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), alliés à Al-Qaïda, ainsi que la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont ciblé des positions clés tenues par la junte militaire au pouvoir. Ces assauts ont déclenché un blocus routier autour de Bamako, aggravant une situation déjà tendue.
des compagnies de transport routier sous la menace des jihadistes
Le 30 avril, les groupes armés ont instauré un blocus total sur les principaux axes routiers menant à Bamako. Cette mesure a paralysé les approvisionnements de la capitale, fortement dépendante des importations par voie terrestre. Face à cette menace, les opérateurs de transport ont pris des mesures radicales.
« Nous avons dû interrompre nos activités pour protéger nos passagers et limiter nos pertes matérielles », a confié à l’AFP un responsable d’une société de transport. Il a précisé avoir perdu six bus lors d’affrontements survenus samedi sur la route de Ségou, une ville située à environ 240 km de Bamako. D’autres compagnies ont choisi de cesser leurs dessertes sans avertissement, par crainte de représailles de la part des autorités locales.
Sur les six principaux axes routiers menant à Bamako, seules quelques lignes de minibus empruntent encore des itinéraires détournés, tandis que les grandes compagnies ont totalement arrêté leurs services.
pénuries en cascade à Bamako : carburant, électricité et eau potable
Les conséquences du blocus se font ressentir dans toute la capitale. Dès lundi, des files d’attente se sont formées devant les stations-service, le gasoil devenant quasi introuvable. Pourtant, les autorités maliennes ont affirmé avoir réceptionné plus de 700 citernes de carburant en provenance de la Côte d’Ivoire via l’axe routier Bamako-Dakar. Parallèlement, des convois de marchandises et des bus ont été incendiés par les jihadistes ces derniers jours.
La situation énergétique s’est également dégradée. Un habitant de Bamako a témoigné : « Nous avons subi 72 heures sans électricité. Le courant est revenu brièvement le quatrième jour, avant de disparaître à nouveau. » La société Énergie du Mali (EDM) a évoqué des actes de sabotage visant le réseau électrique, sans préciser leur ampleur. Ces perturbations ont entraîné des délestages massifs, affectant la distribution d’eau potable dans plusieurs communes de la ville.
La Société malienne de gestion de l’eau potable a confirmé des interruptions régulières dans l’approvisionnement en eau, aggravant les difficultés quotidiennes des Bamakois.