Une innovation béninoise utilise l’intelligence artificielle pour assainir l’eau
Au cœur de Cotonou, la start-up SSaFE redéfinit les contours de la technologie environnementale. Sous la direction de l’ingénieure chimiste Marielle Agbahoungbata, un dispositif de filtration intelligent s’apprête à transformer la gestion des ressources hydriques polluées en s’adaptant aux réalités locales.
Watt Air : le laboratoire autonome au service de l’eau
Présenté lors d’un événement à l’UNESCO à Paris, le projet Watt Air se distingue par son approche pragmatique. Ce robot ne se contente pas d’examiner la qualité du liquide ; il utilise l’intelligence artificielle pour déterminer de manière indépendante le traitement le plus approprié. Qu’il s’agisse de rendre l’eau potable, de l’utiliser pour l’agriculture ou pour les tâches ménagères, la machine arbitre avec une précision remarquable.
Selon Marielle Agbahoungbata, cette technologie permet une gestion « chirurgicale » des réactifs chimiques, optimisant ainsi le temps et l’énergie tout en luttant contre le gaspillage dans un contexte de stress hydrique croissant.
Une technologie inclusive parlant les langues locales
L’une des forces majeures de cette invention réside dans son accessibilité. Contrairement aux outils technologiques classiques souvent réservés aux experts, le robot de SSaFE intègre une interface vocale multilingue. En communiquant en Fon, Bambara, Swahili ou Wolof, l’appareil s’ouvre aux populations rurales et aux personnes non alphabétisées.
Cette approche permet, par exemple, à une mère de famille de recycler l’eau de sa lessive en interagissant simplement avec la machine. L’intelligence artificielle s’efface ici derrière l’utilité sociale, garantissant que le progrès technique profite à tous, sans distinction de niveau d’éducation.
De Sèmè City à l’horizon 2027
Le développement de Watt Air s’inscrit dans la dynamique de Sèmè City, le centre d’innovation majeur du Bénin. Thierry d’Almeida, à la tête de l’institut de recherche local, souligne l’importance de cette collaboration interdisciplinaire entre chimistes et mathématiciens pour répondre aux enjeux du continent.
Grâce à un soutien financier de 30 000 dollars octroyé par l’UNESCO, la start-up peaufine actuellement son prototype. L’objectif est ambitieux : déployer cette solution dans les foyers d’ici 2027. SSaFE recherche désormais les partenaires nécessaires pour transformer cet essai technologique en un succès industriel à grande échelle.