Washington frappe le commerce illégal d’or entre le Rwanda et la RDC
Dans une volonté ferme de tarir les sources de financement des conflits armés, les États-Unis ont pris des mesures radicales contre une société rwandaise. Cette entreprise est formellement accusée d’orchestrer un trafic d’or extrait de manière illicite dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), alimentant ainsi l’instabilité sécuritaire dans la région.
L’administration américaine a officialisé des sanctions à l’encontre de la société Gasabo Gold Refinery et de son dirigeant, Jean Malic Kalima. Ces derniers sont pointés du doigt pour leur implication directe dans l’exportation frauduleuse de minerais précieux vers le Rwanda, au profit du groupe rebelle M23.
Un réseau de trafic au cœur de l’instabilité régionale
Jean Malic Kalima et sa raffinerie ont agi comme des rouages essentiels pour le compte de responsables rwandais et des insurgés du M23. Le stratagème consistait à acheminer l’or depuis les zones de conflit en RDC jusqu’à la ville frontalière de Bukavu, avant de le transférer vers le siège de la société à Kigali.
Au début de l’année 2026, environ 60 kg d’or, dont la valeur se chiffre en millions de dollars, ont transité par ce circuit clandestin. Ces opérations de transport étaient sécurisées par des forces armées rwandaises et des combattants rebelles, garantissant la fluidité de ce commerce illicite.
La souveraineté des ressources congolaises au centre des débats
Face à ces dérives, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a rappelé que les richesses minières de la RDC appartiennent de plein droit au peuple congolais. Il a martelé que les États-Unis ne toléreront pas que des entités hors-la-loi tirent profit de ce commerce illégal pour déstabiliser durablement la zone.
Les sanctions imposées entraînent le gel immédiat de tous les actifs de Gasabo Gold Refinery et de son patron sur le territoire américain. De plus, toute transaction commerciale avec ces entités est désormais interdite pour les citoyens et entreprises des États-Unis, ainsi que pour les institutions internationales utilisant le dollar dans leurs échanges.
L’enjeu stratégique des minerais de l’est de la RDC
Depuis le retour en force du M23 fin 2021, le groupe s’est emparé de zones minières cruciales avec le soutien de Kigali. Outre l’or, le coltan est au centre des convoitises. En avril 2024, les rebelles ont pris le contrôle de Rubaya, un site majeur produisant 15 % du coltan mondial, minerai indispensable à l’industrie électronique globale.
Ce contrôle permet au mouvement armé de prélever des taxes sur la production et le commerce, générant des revenus colossaux. Des données indiquent que près de 120 tonnes de coltan sont exportées chaque mois vers le Rwanda sous l’influence de ce groupe, aggravant une crise qui ravage la région depuis trois décennies.