Woleu-Ntem : le Gabon mise sur son territoire pour un nouveau modèle de développement

Woleu-Ntem : le Gabon mise sur son territoire pour un nouveau modèle de développement
Politique

Woleu-Ntem : le Gabon mise sur son territoire pour un nouveau modèle de développement

Libreville — La tournée présidentielle engagée dans la province du Woleu-Ntem par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ne se limite pas à une simple opération de communication. Elle incarne une refonte stratégique de l’aménagement territorial, visant à transformer les régions périphériques en véritables leviers de croissance nationale.

De Minvoul à Oyem, les chantiers se multiplient : routes rénovées, écoles reconstruites, hôpitaux modernisés et projets agricoles ambitieux. Cette démarche s’inscrit dans une vision où l’investissement local devient le pilier d’un développement plus équilibré et inclusif. L’objectif ? Combler les disparités économiques qui ont longtemps marginalisé l’intérieur du pays au profit des grandes villes côtières.

Le choix du Woleu-Ntem, province frontalière avec le Cameroun et la Guinée équatoriale, n’est pas anodin. Longtemps perçue comme un territoire enclavé, elle représente désormais une opportunité majeure pour repositionner le Gabon au cœur des échanges régionaux. Les infrastructures routières, notamment l’axe stratégique vers le Cameroun, symbolisent cette ambition : relier les territoires pour dynamiser les flux commerciaux et renforcer l’intégration africaine.

Une souveraineté économique ancrée dans les territoires

Parmi les projets phares de cette tournée, le complexe agricole d’Oyem et la formation de 240 jeunes aux métiers de l’agriculture marquent un tournant décisif. Après des décennies de dépendance aux hydrocarbures, le Gabon mise désormais sur l’agriculture pour bâtir une souveraineté alimentaire durable. Les coopératives locales et les partenariats public-privé, comme celui conclu avec ACM Exploitation et le Fonds de Développement Communautaire Local, illustrent cette nouvelle approche où les entreprises extractives contribuent activement au développement des régions qu’elles exploitent.

Les infrastructures sociales ne sont pas en reste. Hôpitaux rénovés, marchés municipaux réhabilités, logements attribués aux chefs de village : chaque investissement répond à une logique d’intégration territoriale. Le centre Manfred Mendame Ndong, dédié à la formation des enseignants, ou encore le lycée moderne de Nkum Yenguï, équipé de laboratoires scientifiques, préparent dès aujourd’hui les compétences dont le pays aura besoin demain.

Gouvernance de proximité : l’État au plus près des citoyens

La méthode adoptée par l’exécutif gabonais rompt avec les pratiques traditionnelles. En passant une nuit à Minvoul et en multipliant les visites de terrain, le président Oligui Nguema démontre une volonté de gouvernance ancrée dans le réel. Cette approche vise à réduire l’écart entre les grands projets économiques et les besoins immédiats des populations locales.

Le renforcement des administrations de proximité, symbolisé par la remise de logements aux chefs de village, souligne une priorité souvent négligée : la cohésion nationale. En misant sur des territoires comme le Woleu-Ntem, le Gabon mise sur une géographie du développement où chaque région devient un acteur clé de la prospérité collective.

L’enjeu est désormais clair : concrétiser cette ambition en résultats tangibles. Si les infrastructures et les projets sociaux se concrétisent, le Woleu-Ntem pourrait bien incarner le nouveau visage d’un Gabon uni, prospère et souverain.

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