Au Bénin, le Sénat prend fonction ce jeudi

Au Bénin, le Sénat prend fonction ce jeudi
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Au Bénin, le Sénat prend fonction ce jeudi

Rodrigue Guézodjè
30 juillet 2026

Le Sénat, la nouvelle et seconde chambre du Parlement béninois, s’installe ce jeudi 30 juillet à Porto-Novo. La nouvelle chambre exercera un rôle consultatif déterminant.

Réunion de l'Assemblée nationale béninoise le 16 mai 2019

Le Sénat prend officiellement corps avec l’installation ce jeudi de ses 25 membres. Parmi eux, les anciens présidents de la République.

Voulue comme une chambre de régulation et un conseil de sages pour garantir la paix sociale, cette deuxième chambre du Parlement suscite de grandes attentes, mais aussi quelques appréhensions.

Ce Sénat est issu de la révision constitutionnelle de novembre 2025 et va s’installer au siège de l’Assemblée nationale en attendant d’intégrer ses propres locaux.  

Vendredi dernier à Cotonou, sous la présidence de Maître Robert Dossou, ancien président de la Cour constitutionnelle, les sénateurs s’étaient déjà réunis à huis clos pour structurer leurs travaux. Mais au-delà du protocole, l’enjeu majeur de ce Sénat réside dans sa capacité à apaiser le champ politique. Entre membres de droit et personnalités désignées, les Béninois attendent un conseil de sages capable de prévenir les tensions politiques éventuelles.

Pour Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance, « très sincèrement, j’attends de cette chambre haute, j’en attends beaucoup de sagesse, qu’elle s’apparente effectivement à un conseil des sages, au vu des sommités, des sommes d’expérience en tout cas qui sont appelées à y siéger. Donc c’est une grosse somme d’expérience qui n’a pas le droit à l’erreur, qui n’a pas le droit de répéter les querelles qui ont pu opposer les uns et les autres. »

Au Bénin, le Sénat s’installe (audio)

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Un régulateur institutionnel

Les anciens présidents Patrice Talon, Boni Yayi, Nicéphore Soglo sont membres du Sénat. Et ils n’ont pas toujours partagé le même point de vue en politique. Dans un contexte marqué par les souvenirs des tensions politiques passées, les citoyens et analystes voient déjà dans cette institution un régulateur institutionnel essentiel pour la paix sociale.

« Nous voyons cette institution comme un guide vers la paix. Tout ceci au vu de ce que nous avons vécu dans le pays… pour des questions d’intérêts politiques. Et donc, nous allons désormais assister à un écosystème politique béninois régulé, plus calme. Cela n’empêche pas les voix de dissidence de s’exprimer », estime Eugène Allossoukpo, analyste politique. 

Le coût pour le contribuable

Reste une question centrale qui anime les débats : celle du coût financier de cette nouvelle institution dans le budget national. Une provision de 100 millions de francs CFA a déjà été dégagée par le gouvernement pour la seule cérémonie d’installation.

« Forcément, il y a un alourdissement. Le Sénat, quoique de format réduit, va induire des dépenses supplémentaires… On ose croire qu’au-delà des quatre sessions annuelles qui sont prévues, il n’y aura pas beaucoup de sessions extraordinaires. Malgré le niveau élevé d’indemnisation qui va avec le rang de ces personnalités, on ose croire que la proportionnalité saura se contenir de manière raisonnable. La démocratie reste hélas une entreprise qui a un coût », dit Joël Atayi-Guèdègbé. 

Toutes les attentions se tournent désormais vers le perchoir du Sénat. L’ancien président Patrice Talon va-t-il en prendre la tête ? Les 25 premiers sénateurs du Bénin prennent leurs fonctions avec un défi majeur : prouver que la stabilité de la nation vaut bien ce nouvel investissement démocratique.

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