Crise humanitaire à Bamako après la destruction du camp de Faladiè
Le paysage urbain de Bamako a radicalement changé ce dimanche 19 avril avec la démolition totale du marché à bétail de Faladiè. Sous l’action des bulldozers, ce site qui servait également de refuge à des centaines de déplacés internes a été réduit en poussière, laissant derrière lui une situation humanitaire alarmante.
Un déguerpissement motivé par des enjeux de sécurité
Cette intervention radicale s’inscrit dans la continuité d’une décision prise en septembre 2024. À la suite des offensives menées par le Jnim contre l’école de gendarmerie et plusieurs infrastructures militaires sensibles de la capitale du Mali, les autorités ont entrepris de déplacer les marchés à bétail. Ces lieux étaient en effet soupçonnés de pouvoir servir de base arrière à des combattants djihadistes. Cependant, le garbal de Faladiè n’était pas qu’un simple centre commercial ; il abritait depuis 2019 un camp informel pour les populations fuyant les violences du centre du pays.
Des centaines de familles livrées à elles-mêmes
Le bilan humain de cette opération est lourd : environ 300 familles, soit plus de 2 000 individus, majoritairement des femmes et des enfants, ont perdu leur seul point d’attache. Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass, témoigne de ce nouveau déracinement. Après avoir fui la guerre en 2020 pour chercher la sécurité à Bamako, elle se retrouve à nouveau sans toit avec ses sept proches, dont sa mère et ses six enfants.
L’échec de la relocalisation à Sanankoroba
Bien que l’État malien ait prévu d’orienter les sinistrés vers un site aménagé à Sanankoroba, situé à 35 kilomètres de la ville, la réalité sur le terrain semble différente. De nombreux usagers du marché décrivent un espace non fonctionnel et inadapté. Pour les déplacés comme Dado, l’urgence absolue reste l’accès à un logement décent, alors que l’eau et la nourriture commencent déjà à manquer cruellement dans les décombres de l’ancien camp.
Depuis sa création, ce camp bénéficiait pourtant du soutien d’organisations humanitaires nationales et internationales, ainsi que d’un accompagnement des autorités. Interrogée sur ce démantèlement soudain et ses conséquences, la Direction nationale du développement social a indiqué qu’il était encore trop tôt pour se prononcer officiellement sur la situation des familles expulsées.