Côte d’Ivoire : une économie verte pour lutter contre le changement climatique
Journée mondiale de l’Environnement : la Côte d’Ivoire trace sa voie vers une économie durable et bas-carbone
Abidjan — À l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, placée cette année sous le thème « Air : agir pour le climat », la Côte d’Ivoire a réaffirmé avec force son engagement en faveur d’une économie résiliente, sobre en carbone et respectueuse de l’environnement. Une ambition qui s’inscrit dans une dynamique de développement durable et d’inclusion sociale, alors que les défis climatiques se multiplient sur le territoire national.
Le gouvernement ivoirien, représenté par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, a détaillé les grandes lignes de cette transition écologique, présentée comme un levier essentiel pour l’avenir du pays. Parmi les enjeux majeurs figurent l’irrégularité des pluies, la hausse des températures, la dégradation des sols agricoles, l’érosion des côtes et les inondations répétées, autant de phénomènes qui menacent la stabilité économique et sociale.
« Notre objectif est sans ambiguïté : bâtir une économie résiliente, sobre en carbone et en harmonie avec l’environnement », a déclaré le gouvernement. Cette vision s’appuie sur les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire, notamment ceux issus de l’Accord de Paris, et vise à concilier croissance économique et préservation des ressources naturelles.
Plusieurs mesures phares ont été mises en place pour concrétiser cette ambition. La troisième génération des Contributions déterminées au niveau national (CDN) a été adoptée, avec un objectif ambitieux : réduire de 33,07 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, tout en visant la neutralité carbone à long terme. Pour y parvenir, le pays s’appuie sur des outils législatifs renforcés, comme le nouveau Code de l’environnement et la loi sur la lutte contre les changements climatiques, ainsi que sur la création de la Commission nationale dédiée à ce combat.
Autre atout stratégique : l’installation du bureau régional africain du Fonds vert pour le climat à Abidjan. Ce choix positionne la Côte d’Ivoire comme un acteur clé de la finance climatique en Afrique, facilitant l’accès aux financements internationaux pour des projets verts.
Sur le plan de la qualité de l’air, un système de surveillance moderne, équipé de capteurs dédiés, a été déployé dans tout le pays. Le Centre ivoirien anti-pollution (CIAPOL) renforce en parallèle les contrôles sur les sites industriels et les installations émettant des polluants, afin de garantir un environnement plus sain pour les populations.
Cependant, le gouvernement a tenu à souligner que la transition écologique ne peut réussir sans une mobilisation collective. « L’État ne peut agir seul face à ces défis. Chacun — citoyens, collectivités, entreprises et société civile — doit adopter des gestes responsables pour limiter la pollution sous toutes ses formes », a rappelé le ministre. Le thème national de cette édition, « Soyons la solution, pas la pollution ! », illustre cette volonté d’engager tous les acteurs dans une démarche proactive.
Cette transition ouvre également des perspectives économiques prometteuses. Les secteurs des énergies renouvelables, des transports durables et de la construction verte devraient connaître un essor significatif, créant des emplois et renforçant la sécurité alimentaire. Les autorités ont d’ailleurs lancé un appel aux citoyens pour signaler les infractions environnementales via le numéro vert 1372, renforçant ainsi la vigilance collective.
Pour le gouvernement ivoirien, cette approche globale est la clé pour construire une « grande nation », où prospérité et respect de l’environnement vont de pair. Une vision ambitieuse, qui place la Côte d’Ivoire en tête des pays africains engagés dans la lutte contre le changement climatique.