Les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko atteignent un nouveau sommet. Hier, lors de l’examen en commission de la proposition de loi sur les crédits spéciaux, six amendements déposés par l’exécutif ont été balayés par les députés. Une stratégie qui pourrait relancer l’usage de l’article 82 lors de la plénière prévue la semaine prochaine.
Le gouvernement a tenté de modifier le texte initial, mais chaque proposition a été rejetée par les parlementaires de Pastef. Une première victoire pour Sonko, qui renforce son opposition aux réformes portées par Faye.
Un changement de représentant qui en dit long
Contrairement aux attentes, c’est Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, qui a représenté l’exécutif à la place de Cheikh Diba, ministre de l’Économie. Un choix stratégique, révélé par un décret signé le 7 août, qui a surpris plus d’un observateur. Dès son intervention, Me Sarr a pointé des incohérences dans le texte avant de déposer six amendements.
Les députés ont demandé une suspension des débats pour analyser ces propositions. Après des échanges tendus, ils sont revenus avec une décision ferme : tous les amendements ont été rejetés, sauf un porté par Alphonse Mané Sambou. Ce dernier a renforcé le contrôle parlementaire en limitant les crédits spéciaux aux dépenses de défense, de sécurité et de renseignement.
Un rejet massif des amendements gouvernementaux
L’exécutif a tenté d’élargir le champ des crédits spéciaux en y incluant les dépenses liées à l’ordre social, aux valeurs africaines et à la stabilité nationale. Une initiative rejetée sans appel. Les députés ont également refusé d’intégrer les crédits du président de l’Assemblée et du Premier ministre dans le texte initial.
La définition des crédits spéciaux a été au cœur des tensions. Alors que la proposition initiale les limitait à la défense et à la sécurité, le gouvernement souhaitait y ajouter des dépenses humanitaires et sociales. Une divergence qui a conduit à un rejet catégorique.
Un contrôle parlementaire renforcé
Les députés ont adopté un amendement permettant à la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de superviser l’utilisation des crédits spéciaux. Une victoire pour le législatif, qui marque une étape importante dans la lutte pour l’indépendance des institutions.
La proposition de loi, adoptée en commission, sera soumise à la plénière la semaine prochaine. Le gouvernement pourrait renouveler ses tentatives d’amendements, mais les députés de Pastef semblent déterminés à maintenir leur position. Une nouvelle saisine du Conseil constitutionnel pourrait s’ensuivre, prolongeant ainsi le bras de fer entre les deux institutions.
