Libreville – Le Gabon et la Banque africaine de développement (BAD) ont franchi une étape décisive dans leur collaboration. Lors d’un entretien à Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a accueilli Sidi Ould Tah, nouveau président de la BAD, pour poser les bases d’un partenariat ambitieux, centré sur des projets à fort impact social.
Cette rencontre, bien plus qu’un simple bilan des investissements passés, a permis de définir des priorités claires. Deux enjeux majeurs se dégagent : garantir un accès universel à l’eau potable et à l’électricité, et transformer le secteur agricole pour réduire la dépendance aux importations alimentaires.
L’accès à l’eau et à l’électricité : un défi quotidien et économique
Pour le Gabon, l’amélioration des services d’eau et d’électricité n’est plus une option, mais une nécessité. Les populations subissent encore des coupures fréquentes et des pénuries récurrentes, tandis que l’économie locale pâtit d’une offre insuffisante. La BAD a réaffirmé sa volonté de financer des projets structurants, notamment le développement des ressources du fleuve Komo pour sécuriser l’approvisionnement en eau. L’objectif ? Créer un service public durable, accessible à tous et résilient face aux aléas climatiques.
Les discussions ont aussi porté sur la modernisation des infrastructures énergétiques, avec un accent sur la production locale et la diversification des sources. L’enjeu est double : répondre à une demande croissante tout en réduisant la dépendance aux importations d’énergie, souvent coûteuses et instables.
Transformer l’agriculture pour une souveraineté alimentaire
Le secteur agricole, deuxième pilier de ce partenariat, concentre les ambitions du gouvernement gabonais. Avec une part importante des denrées alimentaires importées, le pays est vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux. Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté sur la nécessité de stimuler la production locale, en ciblant les filières les plus porteuses et en soutenant les petits producteurs.
La BAD a confirmé son engagement à accompagner cette transition, en finançant non seulement des infrastructures agricoles, mais aussi des programmes de formation et d’accès aux marchés. L’idée est de créer des chaînes de valeur locales, capables de générer des emplois et de renforcer la sécurité alimentaire. Pour y parvenir, il faudra aussi améliorer les routes rurales, les systèmes d’irrigation et les mécanismes de stockage, afin de limiter les pertes post-récolte.
Vers un partenariat axé sur l’impact concret
Cette rencontre marque un tournant dans les relations entre le Gabon et la BAD. Le président Oligui Nguema a salué la qualité du dialogue et réaffirmé sa volonté de renforcer cette collaboration. Mais l’accent a surtout été mis sur la nécessité de passer d’un simple financement à un véritable partenariat d’impact, où chaque projet doit démontrer sa capacité à améliorer concrètement le quotidien des Gabonais.
Pour la BAD, l’enjeu est de prouver que ses interventions peuvent lever les obstacles structurels qui freinent le développement du Gabon. Pour le pays, le défi sera de concrétiser ces ambitions en projets exécutables, suivis et évalués sur le long terme. L’eau, l’électricité et l’agriculture ne sont plus des secteurs parmi d’autres : ils deviennent les leviers d’une transformation économique et sociale attendue par la population.
Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans un contexte où les attentes des Gabonais en matière de qualité de vie sont plus fortes que jamais. Le succès de ce partenariat se mesurera donc moins aux montants investis qu’à la capacité des projets à apporter des solutions durables et visibles. Une chose est sûre : l’heure n’est plus aux annonces, mais aux résultats tangibles.
