La cnr critique les incohérences du régime d’oligui nguema au Gabon
La Coalition nationale républicaine (CNR) a lancé une offensive politique sans précédent contre le régime transitoire en place au Gabon. Dans une déclaration musclée, la coalition s’attaque directement au président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’accusant d’avoir trahi les principes fondateurs du renversement du régime d’Ali Bongo Ondimba. Cette attaque, marquée par un ton inédit, révèle une polarisation accrue du paysage politique gabonais.
Une opposition frontale à la gouvernance d’Oligui Nguema
La CNR pointe du doigt un exécutif gabonais incapable de fournir une vision claire et cohérente. Selon la coalition, le pouvoir en place oscille entre décisions précipitées et revirements constants, plongeant le pays dans une instabilité chronique. Ces hésitations, selon ses membres, affaiblissent la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux, essentiels pour la relance économique du Gabon.
Le terme d’approximations, employé sans détour, résume selon la CNR le manque de rigueur et de préparation dans la gestion des affaires publiques. Cette critique dépasse le cadre partisan : elle questionne la capacité du régime à consolider ses réformes et à garantir une gouvernance stable, face aux défis économiques et sociaux qui se profilent.
Une transition politique sous haute tension
Depuis le coup d’État militaire d’août 2023, le Gabon évolue selon un calendrier transitionnel régulièrement révisé. Le référendum constitutionnel, la refonte du Code électoral et l’élection présidentielle d’avril 2025, remportée par Oligui Nguema, ont été présentés comme un retour à l’ordre constitutionnel. Pourtant, ses détracteurs y voient une manœuvre pour assoir un pouvoir personnel.
C’est dans ce contexte que la CNR entend jouer un rôle clé. En mettant en lumière les contradictions de l’exécutif, la coalition cherche à s’imposer comme une force d’opposition structurée, encore peu développée dans le pays. Cette initiative s’inscrit dans un climat politique où d’anciennes figures du régime Bongo et des acteurs de la société civile tentent de redéfinir leur position face à un gouvernement qui domine l’agenda national depuis deux ans.
Les reproches formulés par la CNR ne se limitent pas à la stratégie gouvernementale. Elle critique également l’absence de concertation avec les acteurs socio-économiques et politiques, ainsi que l’opacité des réformes économiques et institutionnelles. La coalition interroge aussi la capacité du gouvernement à tenir ses promesses initiales de rupture avec l’ère précédente.
Un impact qui dépasse les frontières gabonaises
La sortie de la CNR dépasse le cadre national. La stabilité politique du Gabon est sous surveillance étroite, notamment de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et des partenaires internationaux. Toute contestation organisée contre la trajectoire choisie par Oligui Nguema influence les évaluations menées par les institutions régionales et internationales.
Cependant, pour que cette critique ait un poids durable, la CNR devra la traduire en actions concrètes. Les prochaines élections locales et législatives serviront de test pour mesurer l’audience réelle de ses revendications. Elles révéleront si les Gabonais, en quête de changements tangibles — amélioration du pouvoir d’achat, accès aux services publics et lutte contre la corruption — adhèrent aux idées portées par la coalition.
Pour le régime, l’urgence est double : répondre aux critiques pour préserver la crédibilité des institutions, et empêcher que cette opposition, encore dispersée, ne se transforme en une force politique unifiée capable de fédérer au-delà de ses bases traditionnelles.