Le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso rejette la démocratie et prolonge son mandat
le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso rejette la démocratie et prolonge son mandat
La junte militaire au Burkina Faso a récemment adopté une charte controversée permettant au capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en septembre 2022, de briguer un nouveau mandat aux prochaines élections. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions politiques et de rejet de la démocratie par le régime en place.
Un rejet explicite de la démocratie par le pouvoir burkinabè
Lors d’une allocution télévisée diffusée le 2 avril, le capitaine Ibrahim Traoré a clairement indiqué que les citoyens burkinabè devaient « oublier la démocratie ». Ces propos, tenus lors d’un entretien avec la presse nationale, confirment la volonté du régime de s’affranchir des règles démocratiques.
Arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en septembre 2022, Traoré a succédé à l’ex-lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, lui-même arrivé par un putsch en janvier 2022. La transition politique, initialement prévue pour juillet 2024, a été prolongée de cinq ans par la nouvelle charte. Cette dernière autorise également Ibrahim Traoré à se présenter aux élections présidentielles, législatives et municipales à l’issue de cette période.
Des mesures radicales contre les médias et les partis politiques
Depuis son arrivée au pouvoir, le régime a pris des mesures radicales : dissolution de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en octobre 2025, interdiction des activités des partis politiques en février 2026, et suspension ou interdiction de nombreux médias internationaux. Traoré a justifié ces actions en critiquant l’influence occidentale, notamment celle de la France.
Lors de son entretien, il a également évoqué le cas de son prédécesseur, Paul Henri Sandaogo Damiba, actuellement jugé pour corruption et accusé d’être impliqué dans des tentatives de coup d’État. « Un juge l’a déjà vu (…) il est entre les mains de la justice », a déclaré Traoré.
Une situation sécuritaire toujours critique
Le Burkina Faso fait face à une insécurité persistante depuis près de dix ans, marquée par des violences jihadistes ayant causé des milliers de morts. L’armée burkinabè et ses supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), sont régulièrement accusés par des ONG de violences contre les civils. Traoré a nié ces accusations, affirmant qu’« il n’y a pas de preuves ».
Concernant l’appui international, il a précisé que la Russie, alliée du régime, fournissait du matériel militaire, mais que l’entraînement des troupes était assuré par les soldats burkinabè eux-mêmes.
Cette situation illustre le durcissement du pouvoir militaire au Burkina Faso et son rejet des institutions démocratiques, dans un contexte de crise sécuritaire et politique.