Libreville : Eugène Mba face au défi du racket au marché de mont-bouët
Libreville vibre au rythme de son marché de Mont-Bouët, poumon économique de la capitale gabonaise. Pourtant, derrière l’effervescence des étals et la diversité des produits s’y échangent, une ombre plane : celle d’un racket systématique qui ronge les commerçants.
Des témoignages recueillis auprès de professionnels du secteur révèlent l’ampleur du phénomène. Selon eux, certains agents municipaux et forces de l’ordre imposent des prélèvements illégaux dépassant largement les taxes officielles. « Jusqu’à 2 000 FCFA par étal sont exigés, alors que le tarif légal s’élève à seulement 500 FCFA », confie un vendeur sous couvert d’anonymat. Pis encore, ces transactions, majoritairement en espèces, ne donnent lieu à aucun justificatif, aggravant une fraude qui pénalise des commerçants déjà fragilisés par la crise économique.
Face à cette situation, le maire de Libreville, Eugène Mba, se retrouve au cœur d’un débat brûlant. Son arrivée à la tête de l’administration municipale a relancé l’espoir d’un changement, mais le défi s’annonce colossal.
Un mal ancré dans le paysage urbain de Libreville
Ce système d’extorsion n’est pas une nouveauté : il traverse les décennies sans jamais connaître de résolution définitive. Les réseaux d’influence et l’absence de traçabilité des paiements en liquide rendent son éradication particulièrement complexe. Pour les commerçants, le racket n’est plus un simple désagrément, mais une menace constante pour leur survie économique. « Ce fléau asphyxie nos marges déjà réduites par la baisse du pouvoir d’achat », témoigne une vendeuse de produits frais.
Malgré les efforts déployés lors des mandatures précédentes, le problème persiste, alimenté par une impunité quasi totale. La nouvelle équipe municipale, dirigée par Eugène Mba, doit désormais composer avec cette réalité tenace.
La digitalisation, une solution pour briser les chaînes du racket ?
Face à l’ampleur du défi, des voix s’élèvent pour proposer des solutions structurelles. Parmi elles, la numérisation des transactions apparaît comme une piste prometteuse. En supprimant les échanges d’argent liquide, cette mesure pourrait limiter les opportunités de fraude et rendre les prélèvements plus transparents. « Payer directement via une plateforme numérique permettrait de réduire les risques de détournement », explique un expert en économie urbaine.
Pour Eugène Mba, l’enjeu dépasse la simple gestion des marchés. Il s’agit de rétablir un climat de confiance entre la mairie et les acteurs économiques, essentiel pour dynamiser l’économie locale. Une mission ambitieuse, mais nécessaire pour redonner à Mont-Bouët sa vitalité d’antan.