Mali : les déplacés de Kouakourou entre survie et désespoir
Mali : les déplacés de Kouakourou entre survie et désespoir

« Quand nous avons fui Kouakourou pour Mopti, on nous a installés dans une école désaffectée. Des dons sont arrivés : du riz, du sucre, de l’huile, du lait en poudre… Une aide précieuse, transmise par un bienfaiteur anonyme et coordonnée par la mairie locale.
Pourtant, survivre dans ces conditions relève du défi quotidien. Certains dorment à même le sol de la cour, sous le ciel ouvert. Lorsque la pluie s’invite, nous nous entassons dans les salles de classe, serrés comme des sardines. Plus de 400 personnes partagent cet espace exigu. L’essentiel est là, mais vivre ainsi ? Ce n’est pas une existence.
Kouakourou n’est plus qu’un village fantôme. Les habitants n’avaient d’autre choix que de partir après l’ultimatum lancé par les groupes armés. Quitter sa terre, abandonner ses biens… C’est une douleur indescriptible. Nous ne rêvons que d’une chose : retrouver nos foyers. Beaucoup sont partis avec seulement les vêtements qu’ils portaient. Les terroristes ont tout saisi, y compris nos téléphones. Pire encore : la campagne agricole a été interrompue en plein élan. Cette saison est perdue, et avec elle, notre sécurité alimentaire pour l’année.