Mali : retour massif des populations déplacées dans le cercle de Bankass
Dans le centre du Mali, un mouvement de retour d’envergure s’opère dans le cercle de Bankass. Des milliers de personnes, issues de la communauté Dogon et d’autres groupes locaux, regagnent leurs foyers après des années d’exil forcé. Ce processus fait suite à des compromis négociés directement entre les communautés villageoises et les membres du Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.
Des compromis locaux pour sécuriser le retour
Ces ententes permettent aux villageois de réintégrer leurs domiciles et de reprendre possession de leurs champs. Toutefois, cette liberté de mouvement s’accompagne de règles strictes dictées par les groupes armés. Les clauses imposées incluent l’application rigoureuse de codes vestimentaires, comme le port du voile obligatoire pour les femmes et l’obligation pour les hommes de porter des pantalons courts.
L’éducation et les coutumes sous pression
L’un des points majeurs de ces accords concerne l’enseignement. L’école républicaine, symbole de l’éducation occidentale, reste proscrite dans ces localités. À Bare Darsalam, un éducateur témoigne de la situation après sept ans d’absence. Bien qu’il ait retrouvé son village, il a choisi de ne pas encore faire revenir son épouse et ses enfants, le temps d’évaluer l’impact réel des nouvelles exigences sociales et religieuses. Les infrastructures scolaires, souvent détruites lors des affrontements de 2019, ne sont pas en mesure de rouvrir leurs portes selon le modèle classique.

Une lueur d’espoir pour l’agriculture
Malgré ces contraintes, le retour coïncide avec le début de la saison des pluies, une période cruciale pour l’économie locale. Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, confirme que treize villages, notamment dans les secteurs de Kani Bozon et Dimbal, accueillent à nouveau leurs résidents. La reprise des cultures et des activités pastorales apporte un soulagement certain aux populations qui peuvent enfin travailler leurs terres en toute sécurité.
L’équilibre reste toutefois dépendant de l’application de la charia. Les autorités coutumières et les notables locaux doivent désormais composer avec ce cadre juridique et religieux imposé par les groupes armés pour maintenir la stabilité dans la région.