Niger : comment les purges de Tiani révèlent l’effondrement d’un pouvoir affaibli

Niger : comment les purges de Tiani révèlent l’effondrement d’un pouvoir affaibli

Le général Tiani accélère les purges après l’échec d’un putsch à Niamey

Quelques semaines après une tentative de coup d’État avortée dans la nuit du 28 au 29 août, le général Abdourahamane Tiani multiplie les limogeages au sommet de l’État nigérien. Quatre ministres clés, dont ceux en charge de l’Agriculture, de la Réforme agraire, de l’Énergie et des Communications, ont été démis de leurs fonctions. Une réaction immédiate qui illustre l’obsession du CNSP pour sa survie, au détriment de la stabilité du pays.

Un pouvoir né d’un coup d’État désormais miné par la paranoïa

Le régime de Tiani, issu d’un putsch en juillet 2023 contre le président Mohamed Bazoum, se trouve aujourd’hui prisonnier de sa propre logique. Conscient que tout pouvoir non démocratique est fragile, le général craint des trahisons internes et verrouille méthodiquement les leviers de l’État. Pourtant, cette stratégie renforce les fractures au sein même des forces armées, où les tensions ne cessent de s’aggraver.

La tentative de coup d’État d’août n’était que la partie visible d’une crise plus profonde, révélant l’incapacité du CNSP à rassurer ses propres soutiens.

L’insécurité grandissante : le prix payé par la population

Alors que Tiani redistribue les postes ministériels à ses fidèles, la situation sécuritaire au Niger se dégrade. Les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique multiplient les attaques, exploitant le vide laissé par le retrait des forces étrangères partenaires. Les zones frontalières sont désormais des zones de non-droit, où l’État peine à protéger les civils.

Les conséquences sont dramatiques :

  • Une menace terroriste en constante escalade, avec des victimes civiles et militaires en hausse.
  • Un effondrement des alliances militaires traditionnelles, aggravant l’isolement du pays.
  • Une crise économique et humanitaire qui touche des millions de Nigériens, privés de sécurité et de perspectives.

Purges ministérielles : une fuite en avant sans vision politique

En remplaçant des ministres plutôt qu’en réformant sa stratégie, le général Tiani ne fait que masquer l’absence de solution durable. La militarisation croissante des institutions et les purges répétées trahissent une gouvernance fondée sur la méfiance, incapable de répondre aux défis réels du Niger.

Le pouvoir actuel, obsédé par sa propre survie, s’enfonce dans un cycle de répression et d’instabilité, tandis que la population subit les conséquences d’un régime qui a perdu toute crédibilité.

tribuneaes