RDC : une offensive mémorielle pour la reconnaissance du génocide congolais en France

RDC : une offensive mémorielle pour la reconnaissance du génocide congolais en France

Dès la prochaine rentrée parlementaire en France, une campagne ambitieuse de sensibilisation sera déployée pour obtenir la reconnaissance du GENOCOST, le génocide congolais. Cette initiative, portée par le CEFOCK (Collectif des élus français originaires du Congo-Kinshasa), a été annoncée à l’issue d’un entretien avec le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, en août 2026.

L’objectif principal ? Faire du GENOCOST un sujet central dans le débat public français et international, en mobilisant les institutions, les collectivités territoriales et la diaspora congolaise. Pour y parvenir, des actions de mémoire, des conférences et un plaidoyer ciblé seront organisés dans toute la France.

Une alliance stratégique pour ancrer la mémoire dans les politiques publiques

Le CEFOCK ne compte pas agir seul. Il s’appuiera sur un partenariat clé avec la CIA-VAR (Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes), une structure gouvernementale congolaise dédiée à la documentation, à la réparation et à la préservation de la mémoire des victimes.

Ce rapprochement vise deux missions essentielles. D’abord, inscrire durablement le devoir de mémoire dans les consciences, afin que l’histoire des victimes ne sombre pas dans l’oubli. Ensuite, faire reconnaître officiellement le GENOCOST, ouvrant ainsi la voie à des mécanismes de justice et de réparation pour les familles des victimes.

Félix Tshisekedi a salué cette démarche, la qualifiant de « renforcement de la diplomatie mémorielle » de la RDC sur la scène mondiale.

La diaspora congolaise, acteur incontournable de la reconnaissance

La lutte pour la reconnaissance du GENOCOST s’inscrit dans un contexte où la RDC multiplie les efforts pour que la communauté internationale qualifie officiellement ces crimes de « génocide ». Depuis 1996, des massacres et des violences systématiques ont été commis sur le territoire congolais, et leur qualification juridique reste un enjeu majeur.

Dans cette bataille, la diaspora congolaise joue un rôle pivot. Élue dans des instances locales et nationales en France, elle dispose désormais de relais institutionnels pour porter la voix des victimes. Grâce au CEFOCK, elle passe d’une posture testimoniale à une posture d’action politique concrète.

En ciblant les élus français, cette campagne pourrait exercer une pression décisive pour une reconnaissance parlementaire du GENOCOST, sur le modèle de ce qui a été réalisé pour d’autres génocides dans l’histoire.

Un engagement fort sur le sol congolais

Cette offensive diplomatique en France s’accompagne d’actions symboliques et structurelles en RDC. En août 2026, lors de la Journée nationale dédiée au GENOCOST, Félix Tshisekedi a présidé une cérémonie en hommage aux victimes. À cette occasion, il a annoncé le lancement des travaux de construction du Musée national du GENOCOST ainsi qu’un mémorial dédié.

Ces initiatives illustrent la volonté de Kinshasa d’institutionnaliser la mémoire des crimes commis et de mobiliser tous les leviers disponibles pour obtenir une reconnaissance internationale. Entre mémoire, justice et diplomatie, la RDC trace une voie ambitieuse pour faire entendre la voix des victimes et obtenir réparation.

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